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SAMEDI 30 JUILLET 2022 

À 24 ans, Poupie ne tient pas en place. Géographiquement, musicalement ainsi qu'artistiquement. Enfant, cette lyonnaise de naissance déménage de ville en ville (18 !) et change même de pays. Elle parle l’anglais, l’espagnol, le français, langue dans lesquelles elle écrit et compose, en arpentant les rives de la trap, du reggae et de la pop.

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1/3

Premier album « Enfant Roi » atteste une nouvelle fois de la singularité de Poupie. C'est qu'il est rare d'entendre une telle débauche de liberté, d'audace et de spontanéité dans des morceaux qui orchestrent un fascinant mélange entre la trap, le reggae et la pop. C'était déjà le cas sur ses deux premiers EP, interprétés dans différentes langues et fidèles à l’idée de tourner le dos aux catégories bien définies. Ça l’est de nouveau avec ce premier album (Enfant roi), où finesse mélodique et sincérité des textes s’entremêlent.

Au-delà de la forme, ce sont bien les multiples facettes de Poupie qui font la beauté de ce premier long-format. « Il n’y a pas vraiment de fil rouge sur Enfant roi, si ce n’est toujours relater l’urgence d’une situation

et ce qu’elle provoque d’extrême en moi, mais l’ensemble forme quelque chose de cohérent, explique-t-elle, avec ce subtil mélange d'exaltation enfantine et de drôlerie qui caractérise cette personnalité pourtant
terriblement insaisissable. Chaque morceau présent sur ce disque reflète mon état d’esprit à un moment donné, traduit mon identité plurielle.» 
Surtout, Poupie a choisi de faire de son premier album une ode à la différence. « J’suis pas comme les autres
/ Pas la peine de dire que c’est ma faute », chante-t-elle sur « Comme les autres », premier single hautement efficace, porté par sa ligne mélodique accrocheuse, son rythme sautillant et son refrain qui emporte la mise. Autant d’intentions qui n’auraient pu naître ailleurs que dans le cerveau fusant de cette jeune artiste, « étrange » pour certains, « excentrique » pour d’autres, mais vouée à faire de sa singularité une nouvelle norme. Car, derrière cette apparente extravagance, se cache une artiste sensible, capable d’aborder des thèmes foncièrement intimes, qu’elle chante de cette voix qui transpire autant de force que de fragilité.

De l'ambivalence, il y en a de toute façon à chaque instant sur Enfant roi. C'est ce qui permet à Poupie de
passer d'une ambiance à l'autre avec fluidité, de nous transporter dans un univers fait de cowboys, de poker
et de voitures rapides, de convier des invités de prestige tant français (Jul) qu’international avec la star Puerto Ricaine Guaynaa sans tomber dans la facilité, d'être touchante sans être larmoyante, de déconstruire certaines règles pour mieux les recréer au sein d'un monde qui n’appartient qu’à elle. Dans cet album Poupie pense la vie comme une quête ; dans son titre « Thelma et Louise », hommage au célèbre film de Ridley Scott qui fête aujourd’hui ses 30 ans, Poupie se fait le chantre de la liberté, l’indépendance et de la fougue. Poupie est aux commandes, elle a un plan et elle va vite. « J’ai quelques millions de retard sur mon schéma » plaisante t-elle dans l’entrainant « Dollars ».
Avec toujours en toile de fond ce désir clairement affirmé : « Faire de la musique pour quiconque veut 
reconnaître ».